TABLE RONDE

NOT IN THE SAME BOAT : RÉSIDENCES / ACCUEIL D’ARTISTES EN EXIL OU EN ÉTAT D’URGENCE

Amanda Abi Khalil,
commissaire d’exposition,
dans le cadre d’ACROSS #33.

Samedi 27 novembre de 10h00 à 12h30
Le Narcissio, 16 rue Parmentier, 06 Nice (tram Valrose)

Les échanges auront lieu en français
Entrée libre et gratuite

En 2015, thankyouforcoming met en place de courts temps de résidences critiques et curatoriales à Nice.
Le programme ACROSS (scènes de province) est un projet collaboratif, participatif et expérimental, qui donne une visibilité originale à des scènes artistiques et interroge les usages de la mobilité et de la critique en art.

Autres événements publics programmés dans le cadre de la résidence d’Amanda Abi Khalil :

Du 20/11 au 04/12, projection au Narcissio (festival OVNI) du film Ellipses, une conversation avec Omar Amiralay un projet de Sandra Iché coréalisé avec Nesrine Khodr, avec la collaboration de Lorde Selys et Pascale Schaer.
Jeudi 25 novembre 2021 à 18h30, conférence d’Amanda Abi Khalil à la Villa Arson,Together in Agony we Persist (TAP) : Pratiques curatoriales et extrêmes crises.

TABLE RONDE
Not in the same boat : Résidences / accueil d’artistes en exil ou en état d’urgence

Dans le cadre de la résidence ACROSS #33 organisée par thankyouforcoming à Nice en partenariat avec Arts en résidence – Réseau national et On the Move.
En écho au programme « La Vie d’artiste » de l’association DEL’ART.

Table ronde rassemblant :
Amanda ABI KHALIL (résidente ACROSS #33 ; TAP : Temporary Art Platform),
Claire MIGRAINE (thankyouforcoming, résidences ACROSS),
Marie LE SOURD (secrétaire générale d’On the Move),
Nesrine KHODR (artiste et réalisatrice, en résidence à la Fondation Camargo)
et Nasri SAYEGH (artiste, en résidence à la Villa Arson).

Certains pays ont connu récemment (et connaissent encore) une pandémie dévastatrice. Ces deux dernières années, les crises humanitaires, écologiques, politiques et financières qui ont touché certaines régions du monde, en plus du covid-19, sont d’une violence sans précédent.

L’état d’urgence à Beirut (crise humanitaire des plus graves au monde en ce moment), Gaza et Cheikh Jarrah (expropriations par la violence de l’occupation Israélienne), la région Atlantique et les Amazones (incendies provoqués et politique de déforestation sauvage du gouvernement Bolsonaro), et Kabul (retour au pouvoir des talibans) pour ne citer que quelques territoires, provoquent de nouvelles vagues migratoires et des déplacements forcés dans des conditions intolérables… Ces deux dernières années ont également vu les frontières entre les pays se refermer, les conditions d’accueil des migrant·es se durcir, et les inégalités se creuser dans le monde, notamment en termes de précarité entre régions du Sud Global et pays du Nord de l’équateur.

Parallèlement, les résidences d’artistes se sont adaptées au format digital, les déplacements des artistes et des autres travailleur·euses de l’art ont été grandement limités et les financements publics alloués à leur mobilité internationale ont considérablement fondu.
La mise en regard du mode de vie nomade de l’artiste et sa mobilité internationale, avec le nomadisme forcé des artistes migrant·es ou en exil, a souvent fait débat dans le champ de la culture. Au cours de cette table ronde, nous parlerons de cas pratiques, de programmes d’urgence et d’hospitalité radicales qui ont été déployés en France et à l’étranger pour venir en soutien voire au secours des artistes pendant les crises extrêmes éprouvées ces deux dernières années. Nous discuterons de l’impact à court et long terme de ces résidences, mais aussi de leurs limites et leurs responsabilités, dans un contexte où les conditions de l’hospitalité et du rapport à l’autre n’ont jamais été autant adressées et problématisées.

LES INVITÉ·ES

Marie Le Sourd est la secrétaire générale du réseau d’information sur la mobilité culturelle, On the Move, réseau actif en Europe et à l’international.

Avant ce poste, elle a coordonné à Singapour le programme culturel de la Fondation Asie-Europe (ASEF) basée à Singapour de 1999 à 2006 et a dirigé l’Institut français de Yogyakarta (Java, Indonésie) de 2006 à 2011.

On the Move (OTM) a pour mission d’encourager et de faciliter la mobilité et la coopération à travers les frontières, en Europe et à l’international. On the Move diffuse gratuitement et régulièrement des opportunités de mobilité culturelle et des possibilités de financements pour les artistes et les professionnel·les de la culture dans toutes les disciplines. Au delà de cette mission d’information, On the Move co-produit des guides et des études en lien avec la mobilité culturelle et coordonne des programmes d’accompagnement dont PARI! Parcours d’Accompagnement et de Réflexion sur l’International, soutenu par le ministère de la Culture et l’Institut français.

Nesrine Khodr vit à Beyrouth.
Elle a étudié l’Histoire à l’Université Américaine de Beyrouth et le cinéma à l’Université d’Edinburgh. Elle participe à la résidence d’artistes Rijks Akademie van Beeldende Kunsten in Amsterdam en 2003-2004.
Sa pratique mêle films, performances et installations. Ses dernières installations vidéos Tahrik’’ et Extended Sea’ ont respectivement été présentées au Beirut Art Center pour la première et la Biennale de Sharjah 13 ainsi qu’à la 68e édition de la Berlinale dans le contexte de Expanded Forum pour la deuxième.

Plasticien, acteur, DJ (créateur de radiokarantina), auteur libano-français, Nasri Sayegh est né au Liban en 1978.
Ses images (photographies, collages, broderies et mots) sont troubles, floues, furtives. Inquiètes, elles encourent à tout moment le risque soudain d’effacement. Puisant dans ses archives visuelles intimes, Nasri Sayegh altère, déconstruit l’image pour mieux reconstituer sa propre historiographie. Fouille archéologique/archétypale, il remonte le fil de ses histoires au gré d’impulsions mnémoniques. Découpage, dissection dans le corps de l’image et recoupement de données visuelles deviennent alors prétextes pour inventer/déterrer/monter de nouvelles strates d’images et de mots. Interstitielle, l’entre-image, la presqu’image, ou le glitch (la Faille), deviennent quelque part le portrait en négatif, en creux, de l’artiste. Une image pré-texte au langage écrit. Une image-calepin qui advient d’avant les mots.