Maxime Bondu
L’explorateur, l’atlas et l’aurore

Une proposition de Claire Migraine / thankyouforcoming

Vernissage samedi 05 avril 2014, à Midi,
en présence de l’artiste
L’exposition sera ensuite ouverte sur rdv uniquement,
du 06 avril au 30 mai 2014

Ouvert le vendredi 9 mai de 15h à 20h
et le samedi 10 mai de 15h à 22h,
dans le cadre des Visiteurs du Soir organisés par Botox(s)

Chez DEL’ART
40 ter rue Vernier
06000 Nice
06 30 20 47 24 / 06 74 98 52 47

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A la manière d’un archéologue, à la fois chercheur, historien, explorateur et conteur, Maxime Bondu cherche à déduire et à affabuler.  Lorsque que ce n’est pas un espace précis, ce sont ses découvertes qui sont génératrices de projets. Puisant dans des univers variés, de l’histoire, à la Science Fiction, il questionne l’idée de conquête, de point de vue et de recouvrement. Faisant acte de spéculation à partir de données avérées, dans le présent, le passé ou anticipées dans le futur, le travail de Maxime Bondu, fait de reconstructions et de simulacres, est une invitation à se saisir de cette part d’incertitude irréductible, constitutive de notre réalité. 

Du découvreur, Maxime Bondu adopte l’engouement pour l’enquête et la recherche, la méthode de traitement et de passage au crible des données récoltées et, malgré une démarche éminemment empirique, calque une forme de restitution (ou reconstitution) quasi scientifique de ses découvertes. Invité par thankyouforcoming à penser une présentation de ses oeuvres dans l’environnement domestique de DEL’ART, Maxime Bondu choisit un ensemble d’oeuvres paradigmatiques de son travail : Je meurs d’avoir cru pouvoir vivre seul (2013), Atlas macrotopographique (2013) et History Of A Pulse (2013). Créer un espace propice à la fiction, travailler à bâtir, à s’approprier et à intégrer les lieux dans lesquels il intervient sont des positions qui fondent ses recherches.

 

Atlas Macrotopographique, Palais des musées d’art moderne, Aile ouest, Niveau 1, Alcôve des trois coupoles (2013)

L’atlas Macrotopographique est un protocole, celui de cartographier au micron (Millième du millimètre /0.001 mm) une surface donnée du sol d’un lieu d’exposition. La carte topographique ainsi déduite vient recouvrir ce qu’elle représente.

La première édition fut réalisée pour l’exposition Le principe Galapagos au Palais de Tokyo en 2013. Sur un plan formel, l’oeuvre est un atlas relié, à l’échelle fortement agrandie, des aspérités du sol d’un espace situé à l’intérieur du Palais de Tokyo. La surface représentée est identique au format ouvert du livre produit, qui, posé sur un socle, recouvre physiquement l’espace auquel il renvoie. Le titre de l’œuvre fait référence de manière détaillée à cet emplacement et affirme une analogie avec un travail d’étude méticuleux aux allures de cartographie scientifique. La focalisation hautement descriptive sur un périmètre extrêmement quelconque évoque un désir ironique d’exhaustivité et de recouvrement mimétiques non sans rappeler la Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Georges Pérec et la carte de l’Empire à l’échelle grandeur nature, relatée par Jorge Luis Borges dans De la rigueur de la science. L’excessivité de ces entreprises aussi minutieuses que vaines est poussée ici au paroxysme ; l’application obsessive de méthodes a priori scientifiques introduit un basculement vers la pseudoscience. Guide topographique aussi complet qu’irrévérencieux de l’institution artistique, le document produit se veut non seulement équivalent, mais surtout incomparablement supérieur à l’original : l’iconolâtrie de l’ouvrage étale sur 1250 pages les moindres accidents d’un territoire considérablement restreint, dont l’exploration à l’échelle du micron génère des résultats à l’utilité pratique incertaine, pourtant tissés d’un fort pourvoir affabulatoire et critique. (Emile Ouroumov)

 

Je meurs d’avoir cru pouvoir vivre seul (2013)

Convoquant les figures singulières du Capitaine Nemo ou encore de Timothy Treadwell, Je meurs d’avoir cru pouvoir vivre seul occupe une place particulière dans ce corpus. Loin de toute considération chronologique, se retrouvent à la même table un ensemble d’individus hantés par des fantômes qui leur ont fait renoncer à la société des hommes pour adopter un esprit de recherche scientifique. Plus que les « personnes », c’est à leurs modes d’apparition et d’existence que s’intéresse Maxime Bondu, magnifiant une survivance de cette figure du créateur isolé, retiré, stylite, qui traverse l’Histoire de façon féconde. Ces démiurges, ayant tous connu une fin tragique, font acte de présence en puissance (au sens de la dynamis grecque). L’un est là par le récit même qui lui insuffle la vie, un autre apparaît en filigrane d’un script reconstitué, un troisième s’incarne dans un dernier portrait collectif. On enquête, on cherche des pistes, un coupable. C’est l’auteur qui apparaît dans son absolue autorité, donnant vie à un personnage de fiction (Nemo n’est « personne »), reconstituant a posteriori un document qui n’a pas été à la base de l’action qu’il guide pourtant, réalisant un autoportrait qui falsifie ou anticipe le cours de sa propre existence. Entre manipulation de la fiction, falsification des sources et récit d’anticipation, Maxime Bondu nous impose une lecture des faits à l’aune des indices qu’il veut bien distiller. La spéculation, l’imaginaire et l’interprétation deviennent les moteurs même de notre appréhension de l’histoire et des histoires, matières meubles soumises à une reconstruction perpétuelle.

 

History Of A Pulse (2013)

L’impulsion électro-magnétique (IEM) est une perturbation du champs électro-magnétique qui provoque la destruction définitive de tout appareil électrique se trouvant dans son champs. Cette impulsion fût d’abord découverte comme étant un fait collatéral d’une explosion nucléaire puis pour la première fois expérimenté en 1962 (avec l’opération Fishbowl) par les États-Unis. Ces tests consistaient à faire exploser des missiles nucléaires dans la stratosphère afin de perturber fortement le champs magnétique terrestre et d’en relever les conséquences. A fort pouvoir apocalyptique, l’IEM est rapidement apparu dans la culture populaire par la littérature de science fiction. L’installation regroupe pour le moment une collection d’occurrences de l’IEM en fiction ainsi que des images restaurées et colorisées d’après d’anciennes photocopies noir et blanc des images prises lors des expériences des années 60 dans la stratosphère.